PFAS dans les stations d'épuration : ce que les nouvelles obligations 2026-2027 imposent à votre STEU et comment y répondre.
Depuis l'arrêté du 3 septembre 2025, modifié le 20 avril 2026, et la circulaire ministérielle du 27 avril 2026, les stations de traitement des eaux usées urbaines (STEU) de plus de 10 000 équivalents-habitants entrent dans un cycle de surveillance obligatoire des PFAS sur les eaux et sur les boues. Collectivités, exploitants, bureaux d'études, acteurs de la valorisation : voici ce que vous devez faire et pour quand.
Pourquoi les STEU sont-elles au cœur de la problématique PFAS ?
Les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) arrivent massivement dans les réseaux d'assainissement. Effluents domestiques, rejets d'industries raccordées, produits textiles, emballages, mousses anti-incendie : les sources sont multiples et diffuses.
Le problème est double. D'une part, les traitements biologiques conventionnels n'éliminent pas les PFAS : ces molécules ressortent en sortie de station et rejoignent les milieux aquatiques. D'autre part, elles se concentrent dans les boues d'épuration dont 86 % des volumes produits en France sont issus des grandes STEU et se retrouvent potentiellement dans les sols via l'épandage agricole.
C'est ce double vecteur de contamination eau traitée plus boues valorisées que le cadre réglementaire 2025-2026 cherche à mesurer, caractériser et encadrer. Les enjeux sanitaires et environnementaux sont considérables : contamination des nappes phréatiques, des cultures, et in fine de l'alimentation humaine.
Le cadre réglementaire 2025-2026 : ce qui s'applique à votre installation
Arrêtés du 3 septembre 2025 et du 20 avril 2026 : la surveillance des eaux
L'arrêté du 3 septembre 2025, pris dans le prolongement du plan d'actions interministériel PFAS et de la loi du 27 février 2025, impose une campagne de mesure des PFAS en entrée et en sortie de toutes les STEU de capacité nominale ≥ 10 000 équivalents-habitants — soit environ 1 300 installations sur le territoire national.
L'arrêté du 20 avril 2026, publié au Journal officiel le 29 avril 2026, affine ce dispositif avec deux avancées majeures : l'intégration du TFA (acide trifluoroacétique) dans les substances à surveiller, et un report du délai de réalisation au 30 juin 2027.
Récapitulatif des obligations :
|
Obligation |
Détail |
|
Qui est concerné ? |
STEU ≥ 10 000 EH (rubrique 2.1.1.0 de la nomenclature) |
|
Quoi mesurer ? |
PFAS en entrée ET en sortie de station + AOF + TFA |
|
Comment prélever ? |
Prélèvements moyens sur 24h, plusieurs campagnes espacées d'au moins 1 mois dont 1 en période de pic d'activité |
|
Limites de quantification |
50 ng/L (entrée) / 20 ng/L (sortie) / 2 µg/L AOF / 500 ng/L TFA |
|
Échéance |
30 juin 2027 (1er septembre 2027 si pic estival) |
|
Publication |
Résultats publiés sous 1 mois sur le site de l'État |
Le TFA, un enjeu technique à ne pas sous-estimer : L'acide trifluoroacétique est un PFAS à chaîne ultracourte, très mobile dans l'eau et difficile à analyser. Son intégration dans la liste de surveillance exige des méthodes analytiques spécifiques et une limite de quantification dédiée (500 ng/L). Tous les laboratoires ne sont pas en mesure de le doser correctement.
Circulaire du 27 avril 2026 : la surveillance s'étend aux boues
En parallèle, une circulaire ministérielle cosignée par les ministères de la Transition écologique et de la Santé (27 avril 2026) met en place une campagne nationale de surveillance des PFAS dans les boues d'épuration destinées à une valorisation agricole.
Ce qui est attendu de votre installation :
- Qui ? STEU ≥ 10 000 EH + installations industrielles (textile, papier notamment), via arrêtés préfectoraux
- Quoi ? Analyse de 52 substances PFAS dans les boues valorisées (épandage direct, compostage, méthanisation)
- Quand ? Prélèvements trimestriels pendant 12 mois, actions à engager avant le 1er juillet 2026
- Et ensuite ? Extension aux STEU < 10 000 EH à partir de 2027 — un arrêté ministériel cadre est attendu à l'été 2026
En cas de dépassement des seuils de référence : la circulaire prévoit une réorientation des boues vers d'autres filières que l'épandage agricole.
Acteurs de la valorisation des boues : une vigilance renforcée s'impose
Pour les acteurs de la filière boues plateformes de compostage, unités de méthanisation, prestataires d'épandage la circulaire du 27 avril 2026 introduit une obligation indirecte mais structurante : les boues qui leur sont confiées doivent désormais être caractérisées en PFAS avant toute valorisation agricole.
Concrètement, cela signifie :
- Vérifier que le maître d'ouvrage de la STEU fournisseur a bien réalisé ses analyses réglementaires
- Anticiper l'éventuelle indisponibilité de gisements en cas de dépassement des seuils
- Documenter la traçabilité analytique des boues reçues pour couvrir votre propre responsabilité
La mise en place de plans d'échantillonnage réguliers et d'une traçabilité analytique rigoureuse n'est plus une bonne pratique optionnelle : c'est une nécessité opérationnelle et contractuelle.
Agissez maintenant
Les campagnes de surveillance sur les boues doivent être engagées avant le 1er juillet 2026. La planification des prélèvements, la mise en place des contrats analytiques et la formation des équipes terrain prennent du temps. Attendre n'est pas une stratégie.
ALS vous accompagne à chaque étape.
Contactez nos experts pour un accompagnement personnalisé et un devis rapide.
Pourquoi choisir ALS ?
Nos équipes maîtrisent les spécificités des matrices complexes rencontrées en STEU : effets de matrice, interférences en LC-MS/MS, gestion des blancs terrain, maîtrise des étalons isotopiques. Nous vous accompagnons dans :
- La construction de votre plan d'échantillonnage conforme aux exigences réglementaires
- Le choix des matrices et des listes de molécules adaptées à votre contexte (eaux d'entrée, sortie, boues, TFA…)
FAQ : vos questions sur la surveillance PFAS en STEU
Ma station fait moins de 10 000 EH. Suis-je concerné en 2026 ?
Pas encore pour les eaux — les obligations actuelles ciblent les STEU ≥ 10 000 EH. En revanche, si vos boues sont valorisées agricolement, des contrôles peuvent être imposés via arrêté préfectoral. Et dès 2027, la surveillance sera étendue aux stations de taille inférieure.
Quelle est la différence entre l'analyse AOF et l'analyse des PFAS individuels ?
L'AOF (fluor organique adsorbable) est un indicateur global de la charge totale en PFAS dans l'eau — utile pour un premier screening. L'analyse des PFAS individuels par LC-MS/MS permet d'identifier et de quantifier précisément chaque molécule. Les deux approches sont complémentaires et toutes deux requises par la réglementation.
Que faire si mes boues dépassent les seuils de référence ?
La circulaire du 27 avril 2026 prévoit une réorientation vers des filières alternatives à l'épandage agricole. ALS peut vous accompagner dans la caractérisation fine des contaminations et l'aide à la décision sur la filière de gestion adaptée.
Pourquoi le TFA est-il traité séparément dans l'arrêté du 20 avril 2026 ?
Le TFA (acide trifluoroacétique) est un PFAS ultracourt dont l'analyse requiert des méthodes spécifiques et une limite de quantification distincte (500 ng/L). Sa mesure peut être réalisée séparément des autres PFAS, ce qui implique une organisation analytique particulière que votre laboratoire doit maîtriser.
Mes résultats seront-ils rendus publics ?
Oui. L'arrêté du 20 avril 2026 impose la publication des résultats dans un délai d'un mois sur le site de l'État concerné.


























